De l’élan à la commercialisation : 6e Comité de pilotage de MED-GEM

Février 4, 2026
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Le 6e Comité de pilotage du réseau MED-GEM s’est réuni à Abou Dhabi à un moment charnière pour la transition énergétique en Méditerranée et dans les pays du Golfe. Alors que le déploiement des énergies renouvelables s’accélère, que les coûts atteignent des niveaux historiquement bas et que l’hydrogène vert passe du stade de vision à celui de réalité commerciale, un message a dominé les discussions : la mise en œuvre dépend désormais de la viabilité financière, des infrastructures et de la clarté réglementaire. Réunissant les responsables de projets et les représentants nationaux de la Méditerranée méridionale et orientale, la réunion a dressé un panorama régional et défini une feuille de route pour 2026.

 

L’hydrogène vert a occupé une place centrale dans les discussions, non pas comme une promesse d’avenir, mais comme un secteur en pleine rationalisation. Si le nombre de projets en cours continue de croître, seul un nombre limité d’entre eux a atteint le stade de la bouclage financier ou de la construction. L’écart entre les ambitions affichées et la faisabilité financière demeure important.

Les membres du Comité de pilotage se sont accordés sur trois facteurs clés de succès :

Des filières d’écoulement crédibles, soutenues par une réglementation prévisible ;

Une infrastructure partagée, réduisant les coûts et les risques pour les pionniers ;

Des cadres de financement, s’attaquant aux disparités de coût du capital dans la région.

Sans ces éléments, l’hydrogène risque de rester cantonné aux études de faisabilité. Avec eux, il devient un marché attractif pour les investisseurs.

 

La table ronde des pays a confirmé une forte dynamique dans toute la région, malgré des points de départ différents. La Jordanie a présenté des plans ambitieux en matière d’énergies renouvelables et de stockage, associés à des réformes réglementaires favorisant l’investissement dans l’hydrogène et le développement d’une infrastructure partagée. La Palestine a mis en avant le déploiement rapide de l’énergie solaire, l’intégration croissante du stockage et le rôle stratégique du MED-GEM dans l’introduction de l’hydrogène dans les politiques nationales et les milieux universitaires. L’Égypte a fait état d’objectifs accélérés en matière d’énergies renouvelables, d’une intégration des batteries au réseau et de la poursuite des réformes du marché. Le Maroc a souligné l’urgence de la mise en place du CBAM et des systèmes de certification d’origine comme condition préalable aux échanges commerciaux futurs. Le Liban a franchi une étape importante en matière de gouvernance avec la nomination d’un régulateur indépendant de l’électricité et des travaux avancés sur l’hydrogène décentralisé pour la production de chaleur industrielle. La Tunisie a présenté un déploiement rapide des énergies renouvelables, des projets pilotes de batteries et un intérêt croissant pour les interconnexions orientées vers l’exportation. Malgré les différences nationales, des priorités communes se sont dégagées : la certification, le stockage, la préparation du réseau et l’accès au financement.

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Pays couverts :

  • Algérie
  • Egypte
  • Israël
  • Jordanie
  • Liban
  • Libye
  • Maroc
  • Palestine *
  • Syrie
  • Tunisie