Surmonter les difficultés : une histoire de solidarité entre réfugiés

Mai 5, 2022
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Il n’est pas toujours facile de tendre une main secourable dans un contexte de misère généralisée et d’extrême précarité. Pour Ibtesam, c’est pourtant la seule solution et ce qui la pousse à « tenir bon ». Cette mère de quatre enfants bénéficie du programme d’aide mensuelle en espèces mis en place par le HCR dans le cadre du Fonds fiduciaire régional de l’UE en réponse à la crise syrienne (Fonds Madad). Grâce à cette allocation, elle peut subvenir aux besoins de sa famille et lui offrir des conditions de vie plus décentes.

Lorsqu’elle est arrivée à Amman il y a sept ans, Ibtesam était confrontée à d’immenses difficultés : quatre enfants à charge, un mari handicapé et aucune perspective d’emploi en tant que réfugiée. Elle a commencé à s’appuyer sur son cercle d’amis pour trouver des opportunités d’emploi au quotidien. « Mais ce n’est pas facile, car je dois aussi m’occuper de mon fils aîné, Mustafa, qui a de graves problèmes de santé. » Lorsque la famille est arrivée en Jordanie, Mustafa, 15 ans, a été harcelé et roué de coups à l’école. Gravement blessé, il ne pouvait plus se prendre en charge. Ses blessures à la tête ont entraîné de graves problèmes de santé, tels qu’une sensation de faiblesse et des évanouissements fréquents. « Cela signifie que je dois constamment être là pour lui et veiller à ce que son état ne s’aggrave pas », explique sa mère de 55 ans. Cela signifie également qu’avec de telles contraintes, Ibtesam avait de plus en plus de difficultés à trouver du travail. « Mais je suis déterminée à trouver une solution, même si cela implique de travailler la nuit pour m’occuper de Mustafa pendant la journée, juste pour pouvoir payer le loyer. » 

Malgré ses difficultés, Ibtesam n’a pas hésité à partager son logement avec une autre famille dans le besoin. Tout juste arrivés du même quartier de Bagdad, Kafi et ses trois enfants n’avaient pas de revenu ni de point de chute.

« Je leur ai proposé de loger dans notre deuxième chambre. Nous sommes maintenant 11 dans la maison », raconte Ibtesam. « Nous partageons tout ce que nous avons avec eux, car ils n’ont aucun revenu. » Entre-temps, les deux familles se sont vu proposer par leurs voisins syriens d’accéder gratuitement à Internet via le WiFi. Cette chaîne de solidarité est courante en Jordanie, où les plus petits gestes ont un impact considérable.

L’aide en espèces : une opportunité pour une vie décente

 Les réfugiés non syriens se trouvent souvent dans des situations de grande précarité parce qu’ils ne peuvent pas obtenir de permis de travail. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tente de remédier à ce problème avec son programme d’aide mensuelle en espèces. L’organisation identifie les familles de réfugiés dans le besoin en s’appuyant sur un cadre tenant compte du contexte pour évaluer leur vulnérabilité économique.

Grâce à cette approche, le HCR et ses partenaires permettent aux familles de subvenir au moins à leurs besoins les plus élémentaires en leur fournissant une aide mensuelle en espèces. Ibtesam perçoit désormais du HCR une allocation de 140 dinars jordaniens (180 euros) tous les mois. Elle consacre la plus grande partie de cette aide au règlement de son loyer, qui s’élève à 180 dinars jordaniens.

« Même si cela reste compliqué puisque nous avons encore deux mois de retard sur le loyer, cela a permis à mes enfants de continuer à aller à l’école. » Une priorité pour elle. « Cela ne me dérange pas de sauter des repas, mais avoir un toit, c’est très important. Je veux juste que mes enfants soient en sécurité et qu’ils puissent aller à l’école et terminer leur scolarité. Ni plus ni moins. »

Ibtesam utilise également une partie de l’allocation pour couvrir les frais de bus scolaire (40 dinars jordaniens) pour Mustafa et sa sœur, Maria. À 11 ans, la jeune fille est une élève assidue qui souhaite devenir avocate « pour pouvoir défendre les droits des gens ». Mustafa, quant à lui, préfère l’anglais, « son cours préféré ».

L’Union européenne et la Syrie

L’UE et ses États membres sont les principaux bailleurs d’aide internationale destinée aux populations affectées par le conflit syrien. Depuis le début de la crise en 2011, l’UE a débloqué plus de 25 milliards d’euros pour soutenir les Syriens les plus vulnérables, tant à l’intérieur du pays que dans l’ensemble de la région. L’UE a organisé cinq années de suite, de 2017 à 2021, des conférences visant à améliorer les perspectives de la Syrie et de la région. Ces conférences ont été les principaux événements de donation organisés dans le cadre de la crise syrienne. En 2021, la Commission européenne a mobilisé 141 millions d’euros d’aide humanitaire pour apporter un soutien vital à des millions de personnes en Syrie. Outre sa contribution initiale de 130 millions d’euros, la Commission a distribué pour plus de 10 millions d’euros d’aide aux victimes de graves pénuries d’eau et de la sécheresse dans le nord de la Syrie. Le financement aide aussi à soutenir la population durant l’hiver. Un million d’euros supplémentaire a été attribué à la gestion de la crise de la COVID-19.

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