Une enquête de la Fondation Anna Lindh révèle que la région méditerranéenne est davantage perçue positivement que négativement

Avril 28, 2017
Partager sur

Les résultats d’une nouvelle enquête menée par la Fondation Anna Lindh sur les tendances interculturelles dans la région euro-méditerranéenne révèlent que la région n’est pas victime d’un choc des civilisations, comme on l’entend souvent, mais plutôt d’un « choc des ignorances » fondé sur des stéréotypes historiques et la « culturalisation » des conflits repris par certains médias et discours politiques.

L’enquête a cherché à identifier les aspects de la vie considérés comme essentiels par les citoyens de la région euro-méditerranéenne, ainsi que les principales similitudes et différences qu’ils perçoivent entre eux et ceux d’autres pays, cultures et milieux. Le niveau de confiance à l’égard de différents types de médias a également été examiné dans divers pays et groupes d’âge.

Dans le cadre de cette étude, l’institut Ipsos-Mori a interrogé, au cours du second semestre 2016, plus de 13 000 personnes dans 13 pays sur leurs attentes, préoccupations et valeurs. Parmi les pays concernés figurent huit pays de l’UE (Autriche, Croatie, Finlande, France, Italie, Pologne, Portugal et Pays-Bas) et cinq pays du sud et de l’est de la Méditerranée (Algérie, Israël, Jordanie, Palestine et Tunisie).

Les principales conclusions de l’enquête sont les suivantes :

  • Le niveau de tolérance des personnes issues de différents milieux culturels à l’égard de sujets allant du contexte professionnel au mariage dépasse les 60 %.
  • Les principales qualités associées à la région méditerranéenne sont l’histoire commune, le patrimoine commun et le mode de vie commun, en particulier la gastronomie.
  • La migration, l’instabilité et les conflits sont également considérés comme des aspects importants, mais dans une moindre mesure.
  • La presse écrite est la deuxième source d’information (40 %) considérée comme la plus fiable dans les pays européens. En revanche, dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM), seules 15 % des personnes interrogées estiment que la presse écrite est une source d’information fiable.
  • 37 % des 15-29 ans dans les PSEM considèrent les médias en ligne et les médias sociaux comme des sources d’information fiables sur les pays européens.
  • 8 personnes interrogées sur 10 pensent que les programmes consacrés à l’éducation et à la jeunesse favorisant les initiatives de dialogue menées par les jeunes seraient « très » ou « relativement » efficaces pour prévenir et gérer les conflits et la radicalisation
  • 92 % des Européens (9 sur 10) et 88 % des citoyens dans les PSEM perçoivent des possibilités de coopération concernant l’entrepreneuriat, l’innovation et l’emploi des jeunes.

L’enquête montre que le degré de méfiance à l’égard des médias est nettement plus marqué parmi les personnes qui tiennent compte des commentaires des médias que parmi celles qui se forgent leurs propres opinions sans l’influence des médias.

Dans ce contexte, la Fondation Anna Lindh lance également un Observatoire des médias, qui lui sera rattaché, et qui examinera comment les médias couvrent les questions relatives aux relations interculturelles et fournira des ressources et des informations objectives pour les journalistes et les médias.

Les principales composantes de cet Observatoire des médias seront notamment :

  • Cartographie des médias et outil de recherche sur les médias ; identification des bonnes pratiques existantes en matière de couverture de l’information dans un contexte interculturel pour alimenter les programmes de formation dédiés aux professionnels des médias
  • Implication des écoles de journalisme dans le dialogue entre médias, la recherche médiatique et l’élaboration des programmes d’études
  • Dialogues entre médias/OSC et création d’un espace libre pour discuter sur un pied d’égalité de sujets sensibles comme la migration, les stéréotypes culturels, la mobilité, la marge de manœuvre limitée de la société civile, la liberté et le professionnalisme des médias (y compris des médias sociaux), le terrorisme et la radicalisation.
  • Mécanisme d’intervention rapide des médias pour réagir aux sujets d’actualité ayant une dimension culturelle via la mise à disposition d’experts pouvant servir de porte-parole et fournir des analyses
  • Dialogues politiques avec les responsables des médias pour engager des représentants influents des médias dans l’analyse des tendances et les implications pour la politique des médias.

 

Pour en savoir plus

Communiqué de presse

Fondation Anna Lindh – site internet

Fondation Anna Lindh sur Twitter, Facebook, YouTube, Flickr

Lire en : عربي English

Pays couverts :

  • Algérie
  • Egypte
  • Israël
  • Jordanie
  • Liban
  • Libye
  • Maroc
  • Palestine *
  • Syrie
  • Tunisie